Mardi gras 2027 : date, signification et beignets

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L’essentiel à retenir

  • Mardi gras 2027 tombe le mardi 9 février : c’est toujours 47 jours avant Pâques, la veille du Mercredi des Cendres.
  • « Gras » s’oppose au Carême, pendant lequel on « mange maigre » : c’est le dernier jour où l’on écoule œufs, beurre et graisses.
  • Mardi gras n’est pas un jour férié en France : il ne figure pas dans la liste du Code du travail.
  • Bugnes, merveilles, oreillettes, ganses : les beignets de Carnaval se partagent entre pâte levée et pâte non levée.

Chaque hiver, la même question revient : Mardi gras, c’est quand cette année ? Et chaque année, la réponse change. Ce n’est pas un caprice du calendrier, c’est une petite mécanique qui remonte à Pâques. Puis vient la seconde question, celle que l’on se pose devant la vitrine du boulanger, quand apparaissent ces beignets poudrés de sucre qu’on ne voit qu’en février : pourquoi maintenant, et pourquoi frits ? Je vous propose de tout reprendre dans l’ordre : la date et son calcul, le sens du mot « gras », le statut du jour (férié ou non, la réponse est nette), et enfin le versant qui nous concerne le plus ici, celui du fournil. Car derrière la fête, il y a une pâte, souvent levée, parfois non, et un savoir-faire de boulangerie qui ne sort qu’une fois l’an.

Mardi gras 2027 : la date, et pourquoi elle bouge

Calendrier du mois de février, saison de Mardi gras

Mardi gras est une fête mobile : elle n’a pas de date fixe, elle suit Pâques comme une remorque suit sa voiture. Pour savoir quand elle tombe, il faut donc d’abord connaître la date de Pâques, puis compter à rebours.

Mardi gras 2027 : mardi 9 février

En 2027, Pâques tombe le dimanche 28 mars. Mardi gras se place donc le mardi 9 février 2027, et le Mercredi des Cendres, qui ouvre le Carême, le lendemain, mercredi 10 février. C’est une date plutôt précoce : Mardi gras ne peut jamais tomber avant le 3 février ni après le 9 mars, puisque Pâques elle-même oscille entre le 22 mars et le 25 avril. Pour mémoire, l’édition 2026 a eu lieu le mardi 17 février. Si vous lisez ceci en préparant vos fourneaux, retenez donc qu’en 2027 la fête arrive tôt, en pleine première quinzaine de février, une semaine environ après la Chandeleur du 2 février : les deux fêtes à pâte frite ou poêlée se suivront de près cet hiver-là.

47 jours avant Pâques : le calcul

La règle tient en une ligne : Mardi gras = Pâques − 47 jours. Pour retrouver la date d’une année quelconque, la marche à suivre est toujours la même :

  1. Chercher la date du dimanche de Pâques de l’année (elle est fixée d’après le calendrier lunaire, d’où ses écarts d’une année à l’autre).
  2. Reculer de 46 jours : on tombe sur le Mercredi des Cendres, premier jour du Carême.
  3. Reculer d’un jour encore : c’est Mardi gras, la veille, toujours un mardi.

Comme Pâques est toujours un dimanche, et que 47 jours font six semaines et cinq jours, le calcul retombe toujours sur un mardi. C’est ce lien avec Pâques qui explique pourquoi la question « Mardi gras, c’est le combien ? » revient chaque année : la fête glisse sur près de cinq semaines du calendrier.

Les dates de Mardi gras de 2027 à 2031

Pour les années qui viennent, voici les dates calculées selon la règle ci-dessus. On y voit bien l’amplitude : début février en 2027, tout début mars en 2030. Une curiosité pour 2028, année bissextile : Mardi gras y tombe le 29 février, un jour qui n’existe qu’une fois tous les quatre ans. Pour qui prépare ses beignets à l’avance, mieux vaut donc vérifier la date chaque année plutôt que de se fier à celle de l’an passé.

AnnéeDimanche de PâquesMardi grasMercredi des Cendres
202728 marsmardi 9 février10 février
202816 avrilmardi 29 février1er mars
20291er avrilmardi 13 février14 février
203021 avrilmardi 5 mars6 mars
203113 avrilmardi 25 février26 février
Dates calculées : Mardi gras = Pâques − 47 jours.

Pourquoi « gras » : la signification de Mardi gras

Œufs, beurre et farine, les réserves que l'on écoulait avant le Carême

Le nom dit presque tout, à condition de savoir ce qui vient après. Mardi gras ne se comprend qu’en regard du lendemain : le début d’une période où, traditionnellement, on mangeait « maigre ».

Le dernier jour avant le Carême

Selon la définition qu’en donne l’Église catholique en France, Mardi gras est le jour qui précède le Mercredi des Cendres, début du Carême, et son nom « indique le contraste » avec ce temps pendant lequel les chrétiens « mangent maigre » en s’abstenant de viande. Le Carême, ce sont les quarante jours de préparation à Pâques, marqués par la prière, le partage et le jeûne. Mardi gras en est le seuil : la dernière journée où l’on peut encore manger « gras », c’est-à-dire de la viande et des graisses animales. Le mot carnaval porte la même idée : l’Église le rattache à un terme italien du XIIIᵉ siècle signifiant « ôter la viande ». La fête et le jeûne forment donc un couple : l’un n’a de sens que par l’autre.

Écouler les œufs, le beurre et les graisses

À cette logique religieuse s’ajoute une logique de garde-manger, très concrète. Les générations passées prenaient le Carême au sérieux, au point que, rappelle l’Église catholique en France dans un texte sur la mi-Carême, « même les œufs étaient interdits » ; or les œufs se conservent mal. Il fallait donc vider les réserves avant le jeûne, et la manière la plus gourmande de le faire était de mélanger œufs, beurre, lait et farine, puis de cuire le tout dans la matière grasse. C’est le même texte qui explique que « c’est pour vider les réserves qu’on fait des crêpes pour le Mardi gras ». Les crêpes ont d’ailleurs leur propre fête, quelques jours plus tôt : je vous renvoie à notre article sur la Chandeleur, qui en raconte l’histoire. Ici, ce sont les beignets qui nous retiendront.

Mardi gras est d’abord une affaire de calendrier et de garde-manger : on vide les réserves d’œufs et de matière grasse avant quarante jours de « maigre ».

Carnaval et déguisements : le monde à l’envers

Pourquoi se déguise-t-on ? Parce que le carnaval est, selon l’Église elle-même, une période de « licence joyeuse » où les règles de la vie ordinaire sont momentanément suspendues : le monde à l’envers, avant l’austérité. Les masques, les chars et les défilés en découlent. Certains historiens rapprochent ces réjouissances de fêtes romaines plus anciennes, où l’on se travestissait aussi ; la filiation serait plausible, mais elle reste discutée, et je préfère la donner pour ce qu’elle est : une hypothèse. Le nom a voyagé loin : à La Nouvelle-Orléans, le carnaval porte tout simplement le nom de « Mardi Gras », en français dans le texte, et reste une tradition très vivante.

Mardi gras est-il férié ?

Enfants déguisés pour le carnaval de Mardi gras

C’est l’une des recherches les plus fréquentes autour de la fête, et la réponse ne souffre aucune ambiguïté. Elle mérite pourtant deux précisions.

Non : il n’est pas dans la liste du Code du travail

En France, Mardi gras n’est pas un jour férié. Les fêtes légales sont énumérées par le Code du travail (articles L3133-1 à L3133-3), et la fiche officielle de service-public.gouv.fr en donne la liste : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre et 25 décembre. Mardi gras n’y figure pas, pas plus que le Mercredi des Cendres. C’est donc une journée travaillée comme une autre : les écoles et les entreprises fonctionnent normalement, et les boulangeries, elles, tournent même plutôt à plein régime. Les seuls jours fériés rattachés au cycle de Pâques sont le lundi de Pâques, l’Ascension et le lundi de Pentecôte, tous postérieurs à la fête.

Et en Alsace-Moselle ?

L’Alsace et la Moselle ont un régime local qui ajoute deux jours fériés à la liste nationale : le Vendredi saint (dans les communes ayant un temple protestant ou une église mixte) et le 26 décembre, lendemain de Noël. Mardi gras n’en fait pas partie non plus. Il n’existe donc, nulle part en France, de Mardi gras chômé au titre de la loi. Ce qui fait la fête, ce sont les usages : le déguisement à l’école, les défilés de carnaval organisés par certaines villes (comme celui de Nice), et les plaques de beignets qui apparaissent en vitrine. Autrement dit, Mardi gras se vit dans la rue et dans la cuisine, pas dans le calendrier officiel.

Les beignets de Mardi gras, côté fournil

Beignets de carnaval frits et saupoudrés de sucre glace

Voici la partie qui nous concerne directement. Que mange-t-on à Mardi gras ? Des crêpes, des gaufres, mais surtout, dans une grande partie de la France, des beignets de Carnaval : une pâte riche en œufs, étalée, découpée, plongée dans la friture et poudrée de sucre.

Bugnes, merveilles, oreillettes, ganses : une carte de France

C’est le même geste, mais chaque région lui a donné son nom, et parfois sa forme :

  • Bugnes : le nom du Lyonnais, mais aussi du Dauphiné, de la Savoie, du Forez ou de la Franche-Comté.
  • Merveilles : le nom du Sud-Ouest (Bordelais, Gascogne, Charentes, Périgord), découpées à la roulette cannelée.
  • Oreillettes : en Provence, en Languedoc et dans le Rouergue, très fines et croustillantes, parfumées à la fleur d’oranger.
  • Ganses : la version niçoise, en bandelettes nouées, associées au carnaval de Nice.

D’autres noms existent encore localement, comme les beugnots dans les Vosges. Les frontières ne sont d’ailleurs pas étanches : ce qu’on appelle merveille ici s’appelle oreillette là, et inversement. Plutôt que de chercher le « vrai » nom, je vous conseille de regarder la pâte, qui en dit beaucoup plus.

Pâte levée ou non levée : deux familles

Derrière ces noms se cachent deux familles de pâte. La première est non levée : farine, œufs, beurre, sucre, parfois une pointe de levure chimique, étalée très finement. À la friture, elle se couvre de cloques et devient cassante comme une tuile : c’est le registre des oreillettes et des ganses, ou des bugnes dites croustillantes. La seconde est une pâte levée, travaillée avec de la levure de boulanger comme une pâte à brioche, qu’on laisse pousser avant de l’abaisser. Au contact de l’huile chaude, le gaz produit par la fermentation se dilate, et le beignet gonfle pour donner une mie tendre : c’est la bugne moelleuse lyonnaise. Si vous voulez comprendre ce qui se passe dans cette pâte, notre article sur la levure de boulanger détaille le mécanisme, et celui sur la brioche au levain montre la même pâte enrichie, cuite au four au lieu d’être frite.

💡 Astuce — Pour savoir à quelle famille appartient un beignet, cassez-le : une mie alvéolée et souple signe une pâte levée à la levure de boulanger ; une texture feuilletée de cloques fines et cassantes, une pâte non levée.

Les beignets fourrés de la boulangerie

À côté des bugnes et merveilles, beaucoup de boulangeries proposent en février des beignets fourrés : des boules de pâte levée, frites puis garnies de confiture, de crème pâtissière ou de chocolat. Leur cousin le plus connu est la boule de Berlin, un beignet d’origine austro-allemande en pâte levée, traditionnellement consommé au Nouvel An et en période de carnaval. Techniquement, c’est une pâte de viennoiserie : la question de savoir où classer ce produit, entre pain et pâtisserie, est d’ailleurs traitée dans notre article viennoiserie ou pain, la différence, qui range le beignet parmi les pâtes levées enrichies. La garniture se fait après friture, à la poche munie d’une douille fine.

Pourquoi les boulangeries en font à cette période

Le beignet de Carnaval est un produit de saison au sens fort : il n’a de raison d’être que pendant les semaines qui précèdent le Carême, et la plupart des boulangeries ne le sortent qu’à ce moment-là. Pour le fournil, c’est une parenthèse : on retrouve les ingrédients de la viennoiserie (farine, œufs, beurre, sucre, levure), mais la cuisson se fait en friture plutôt qu’au four, ce qui demande un autre matériel et une autre surveillance. C’est aussi une façon de faire vivre un patrimoine régional qui côtoie, dans la même vitrine, les grands pains français du quotidien. Une fois qu’on sait d’où vient ce beignet et pourquoi il ne dure que quelques semaines, on ne le regarde plus tout à fait comme une simple gourmandise : c’est un morceau de calendrier qui se mange.

FAQ : Mardi gras

Quand tombe Mardi gras en 2027 ?

Mardi gras 2027 tombe le mardi 9 février, 47 jours avant Pâques (dimanche 28 mars 2027). Le Mercredi des Cendres, début du Carême, suit le 10 février.

Mardi gras, c’est combien de jours avant Pâques ?

Toujours 47 jours. C’est pourquoi sa date change chaque année, entre le 3 février et le 9 mars, en suivant celle de Pâques.

Pourquoi Mardi gras n’est-il pas férié ?

Parce qu’il ne figure pas dans la liste des fêtes légales fixée par le Code du travail (articles L3133-1 et suivants). C’est une fête traditionnelle et religieuse, pas un jour chômé, y compris en Alsace-Moselle.

Pourquoi se déguise-t-on à Mardi gras ?

Le carnaval est un temps de fête où les règles ordinaires sont suspendues, juste avant l’austérité du Carême : le déguisement en est le symbole, celui d’un monde à l’envers pour un jour.

Quelle différence entre bugnes et merveilles ?

C’est avant tout une différence de région : bugnes dans le Lyonnais et les Alpes, merveilles dans le Sud-Ouest. Dans les deux cas, on trouve des versions fines et croustillantes et des versions plus moelleuses, à pâte levée.